Pourquoi ce blog ?

J e n’avais pas prévu de le faire : Moi, mes livres et l'ailleurs. C réer un blog, me dévoiler, entretenir un espace semi-public où je ...

samedi 7 février 2026

J’ai aimé au premier regard et j’ai appris à partir seule.

Je l’ai aimé au premier regard,

Ce genre d’amour qui te dit que tu as trouvé celui avec qui tu veux finir ta vie.

Celui qui te traverse comme une évidence, comme si ton cœur avait reconnu quelque chose avant même que ta tête ne comprenne.

 Et j’ai cru que ça suffirait.

 J’ai cru que l’amour , quand il est sincère, quand il est fort, quand il est entier... finit toujours par trouver sa place.

 Mais parfois, l’amour ne suffit pas.

Parce que l’amour, ce n’est pas seulement ressentir.

C’est aussi choisir.

Agir.
Être là.

 

J’ai accepté d’être l’amie d’abord.

Par amour j’ai accepté un rôle qui ne me convenait pas.

J’ai accepté d’être l’amie d’abord.
De patienter.

De l’aider à trouver quelqu’un.

D’être celle qui comprend, celle qui ne met pas la pression, celle qui s’adapte.

 

J’ai voulu être douce, rassurante.
Je me suis dis que l’amour, le vrai, ne force pas.

Qu’il respecte le rythme de l’autre.

Alors j’ai attendu, j’ai donné.

 J’ai arrêté de fumer.

J’ai fait des efforts.

J’ai changé des habitudes.

 Pas parce qu’il me l’avait exigé.

Mais parce que je voulais m’investir dans notre relation.

Je voulais être une femme meilleure, une femme qui construit pour lui.

Je voulais être une évidence dans sa vie.

 

J’ai encaissé des situations qui ne me concernait pas.

J’ai supporté des situations conflictuelles avec son ex.

Des tensions, des histoires, des moments lourds, pénibles.

 Et au lieu de reculer, je suis restée.

 Parce que je l’aimais.

 

Je me suis investie avec ses enfants.

Avec sérieux, avec respect. Avec mon coeur.

 Parce que quand on aime quelqu’un, on ne fait pas semblant.

On n’aime pas à moitié.

J’ai pris ma place comme j’ai pu, comme on me l’a laissée.

 

Et pourtant... j’ai été seule.

C’est là que l’histoire bascule.

 Parce qu’à force de donner, j’ai commencé à voir ce que je recevais.

Et surtout... ce que je ne recevais pas.

 

J’ai été seule dans les moments importants de ma vie.

 Seule pendant la chimio, a attendre que le produit se diffuse dans mes veines.

Seule dans la salle d’attente des examens importants, à avoir peur.

Seule face aux résultats qui auraient dû être partager.

Seule pendant les crises d’angoisses.

Seule quand un nouvelle me tombée dessus comme une vague.

 

Seule.
Encore.
Toujours.

 

Je ne parle pas de solitude physique.

Je parle de cette solitude plus cruelle : celle où tu es en couple... mais tu te sens abandonnée.

 

À force d’être seule, j’ai commencé à douter de ses sentiments envers moi.

Pas parce que je cherchais des problèmes.

Pas parce que j’étais trop exigeante.

Pas parce que j’avais besoin d’être rassurée pour rien.

 Mais parce que l’absence répétée finit par parler.

L’absence, quand elle se répète dans les moments où on a le plus besoin de quelqu’un...

Elle ressemble à un message.

 

J’ai essayé d’en parler, d’expliquer ce que je ressentais.

Mais je devais continuer d’être celle qui donne et non celle qui demande si je voulais qu’il n’y est pas de dispute.

 

Alors je suis partie.

 

Et oui, peut-être que c’est égoïste.
Peut-être que ça ressemble à une fuite.

Peut-être certains diraient que j’aurais dû rester.

 Mais j’étais épuisée.

Et pour être honnête, je suis partie avec une pensée:

Peut-être que cette fois, il fera un geste. Une preuve. Quelque chose.

Peut-être que cette fois... il viendra.
Pour moi, pour nous.

 

Mais rien.

 

Il ne m’a pas couru après.

Il n’est pas venu taper à ma porte.

Il n’a pas essayé de me récupérer.

 Comme pour toutes les choses importantes dans vie...

Il a encore été absent.

 

Et là, aujourd’hui, j’ai compris.

 Ce n’est pas moi qui est manqué d’amour.

Je l’ai aimé sincèrement. Profondément.

Je l’ai aimé avec patience, avec courage, avec dévouement.

 

Mais l’amour ne se prouve pas avec des mots.
Il se prouve avec une présence.

Avec des actes.

 

Et moi, j’ai trop souvent aimé seule dans cette relation.

Je regrette d’avoir accepté trop longtemps que ma santé ne soit pas si importante pour lui.

Je regrette d’avoir accepté une place où je devais être forte pour deux.

Une place où j’étais là... même quand on ne l’étais pas pour moi.

 

Aujourd’hui, je me choisi puisque lui n’a pas su me choisir.

Aujourd’hui, je comprend que l’espoir qu’il tape à ma porte et qu’il se batte pour moi, est un espoir vain. Car il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais.

Je comprend enfin que je n’étais pas si importante que ça pour lui.

 

Et je comprend surtout, que finalement même si j’étais partie dans l’espoir qu’il me court après, c’est une bonne chose que je sois sortie de cette relation à sens unique.

 

Je veux un amour qui reste.

Un amour qui me tient la main.

Un amour qui vient quand je tombe.

Un amour qui ne disparaît pas quand la vie devient difficile de mon côté.

 

Je refuse de revivre avec quelqu’un qui n’est pas là pour moi.

lundi 15 septembre 2025

Traverser ses angoisses



Les angoisses… Elles apparaissent parfois sans prévenir, comme une ombre qui s’impose au milieu du calme. Elles coupent le souffle, serrent la poitrine, transforment chaque respiration en combat silencieux.

À l’extérieur, souvent, personne ne voit rien. Mais à l’intérieur, c’est une tempête invisible.

Elles peuvent naître d’un traumatisme, d’une phobie, d’un terrain anxieux ou de mille autres raisons. Peu importe leur origine, le combat reste le même : celui de tenir, de continuer, malgré elles.

Et ce combat-là, tu le connais. Il n’est pas simple, il est épuisant parfois. Pourtant, chaque fois que tu traverses une angoisse, tu prouves quelque chose que tu oublies souvent : tu es courageux.se. Tu es fort.e.

Tes angoisses ne sont pas toi. Elles passent.
Toi, tu restes.

Alors, respire doucement.
Tu es là. Et c’est déjà une victoire. 🌸

lundi 1 septembre 2025

Quand les gestes s'effacent



Ce matin-là, dans la cuisine où le soleil peinait à pointer son nez, elle observait en silence.
Ils s'étaient déjà tous installés, en train de se servir tout en discutant comme s'il ne manquait personne.
Personne ne leva les yeux. Personne ne lui demanda si elle voulait du café.
Sa chaise était là, pourtant. Vide.
Comme une part d’elle-même depuis trop longtemps.


Autrefois, il la devançait toujours. Un premier cappuccino, tous les deux ensembles, avant de lever les enfants. Ensuite un deuxième, avec les enfants. Ce petit rituel était pour elle un signe de tendresse, un début de journée empreint d’amour. Elle lui disait que c’était le meilleur cappuccino, simplement parce qu’il était fait par lui.


C’est à ce moment précis qu’elle comprit que c’était trop. Qu’elle n’en pouvait plus.
Tous ces petits gestes qui, autrefois, construisaient leur complicité, s’étaient évanouis un à un.
Et celui-là… c’était le dernier qui restait.


Pour lui, ce n’était rien.
Pour elle, c’était essentiel.
Une brèche de tendresse dans une routine qui l’écrasait un peu plus chaque jour.


Elle s’était épuisée à essayer de lui faire comprendre.
À lui dire que quelque chose s’effondrait.
Qu’elle avait besoin de retrouver cette étincelle, cette attention, ce regard.


Mais chaque tentative se heurtait à un mur.
De la mauvaise foi. De l’agacement. De l’incompréhension.


Lui ne voyait qu’une femme qui ressassait les mêmes reproches.
Il n’a jamais cherché à entendre ce que ses silences hurlaient.


Il a laissé le poids de la routine s’abattre entièrement sur elle.
Sans un mot.
Sans un geste.
Sans voir qu’il étouffait lentement ce qui les reliait.


Et ce matin, en voyant sa place inoccupée, elle réalisa que tous ces petits gestes oubliés avaient érodé, lentement, tout ce qui faisait leur force.
Elle n’était plus qu’une silhouette transparente.
Et elle en avait assez.


Ce matin-là, quelque chose s’est brisé.
Elle comprit qu’elle ne pouvait plus continuer ainsi, à être tout sauf une femme.
Elle sut, avec une clarté douloureuse, qu’il ne ferait jamais l’effort de comprendre.
Et qu’elle, désormais, devait penser à elle.
Se retrouver.
Se redonner la place qu’elle n’aurait jamais dû céder.


Elle avait passé des années à penser aux besoins des autres, à les devancer, à leur offrir le confort de ne jamais se poser de questions.
Elle leur avait donné l’habitude de passer avant elle, toujours.
Mais ce matin, c’était fini.


Ce matin, elle a décidé de se choisir.
Enfin.


Tya M.








lundi 25 août 2025

Au-delà des rôles, redevenir femme



Se sentir femme…
Ce n’est pas seulement endosser les rôles d’épouse, de mère, de confidente, de maîtresse de maison ou d’organisatrice de mille détails invisibles.
C’est refuser de se dissoudre derrière ces visages multiples qu’on nous impose, derrière ces casquettes enfilées jusqu’à en perdre notre propre reflet.

Parfois, il suffit d’un seul regard.
Un regard qui traverse le quotidien, qui ne s’arrête ni à l’assiette posée, ni au linge plié, ni à la fatigue du soir.
Un regard qui rallume la flamme, qui murmure en silence : je te vois, toi, la femme.

Se sentir femme, c’est être désirée sans conditions, aimée dans ses forces autant que dans ses failles, reconnue pour son corps tel qu’il est, pour son âme telle qu’elle brûle.
C’est savoir, dans une caresse, dans un souffle, que l’on n’est pas seulement la somme de nos rôles, mais une présence unique, vibrante, insaisissable.

Nous ne sommes pas que mères.
Nous ne sommes pas que compagnes.
Nous ne sommes pas que gardiennes de foyers.

Nous sommes femmes.
Et nous avons besoin, au creux d’un regard, de le redevenir pleinement.





samedi 23 août 2025

Mon road trip en camping-car en Allemagne : entre galères, randos et forêt magique 🌲



On a roulé, roulé, et puis on s’est dit : allez, cap sur le sud de l’Allemagne !

Forêt Noire, Bavière, paysages de carte postale… et quelques surprises.

Commençons par le positif : les randonnées.
Sur ce point, l’Allemagne est franchement au top.
Des sentiers partout, bien balisés, des infrastructures impressionnantes : aires de repos, bancs avec vue, tables de pique-nique, jeux pour enfants, même des observatoires pour admirer la faune.
Tout est pensé pour les piétons et les cyclistes, et c’est vraiment agréable.
À chaque balade, on sent que les gens ici prennent soin de leur nature.
Un vrai bonheur pour les amateurs de grands espaces comme nous !

Mais… (oui, il y a un "mais")
Quand on voyage en camping-car, l’ambiance change un peu.

Autant le dire franchement : les camping-cars ne sont pas les bienvenus dans certaines régions.
Des panneaux d’interdiction à tous les coins de rue.
On avait beau chercher, les places de stationnement autorisées étaient rares, souvent en terre battue, à la périphérie des villes. Autant dire que les jours de pluie… c’était boue, bottes et glissades garanties.
Et je ne parle même pas des accès aux centres-villes : mission impossible !
Du Lac de Constance à Munich, ça a été une vraie galère. On devait aller jusqu’à Nuremberg… et puis on a changé d’avis.
Trop de stress, pas assez de liberté.
On a préféré mettre le cap sur la Forêt Noire. Et là… ouf. Soulagement immédiat.

Dans cette région, beaucoup moins de restrictions, des villages accueillants, et une belle surprise :
💡 Certaines mairies proposent une taxe de séjour qui donne accès aux transports en commun gratuitement !
Pratique, malin, et bien pensé.
Ça nous a permis de visiter sans stresser pour le stationnement, et franchement, ça change tout.

Côté gastronomie, petit coup de cœur pour leurs tartes aux pommes crumble : un délice !
En revanche, niveau hot-dogs, petite déception.
Moi qui pensais que l’Allemagne en regorgeait, ben non. C’est bon, mais… encore faut-il réussir à en trouver 😂.

En résumé :
✔️ Pour les amoureux de la nature et les randonneurs, l’Allemagne est une destination formidable.
❌ Pour les camping-caristes, selon les régions, ça peut vite virer au casse-tête.
❤️ Gros coup de cœur pour la Forêt Noire, ses villages chaleureux et ses efforts pour accueillir les visiteurs autrement.







 

 




mardi 19 août 2025

Mon retour de vacances : la Suisse en camping-car





Bonjour à tous,

Je tiens d’abord à m’excuser pour cette longue absence par ici… mais c’était pour une bonne raison : je suis partie en vacances ! Et cette fois-ci, j’ai eu la chance de visiter la Suisse en camping-car.

Et quelle belle découverte ! La Suisse est un pays qui m’a vraiment marquée : tout est propre, respectueux, organisé. Sur la route, les conducteurs sont calmes et détendus, les infrastructures impeccables : larges, bien tracées, un vrai bonheur à parcourir en camping-car.

Les paysages sont, quant à eux, à couper le souffle : lacs aux reflets turquoise, montagnes majestueuses, cascades innombrables… Un vrai régal pour les yeux. Le seul bémol, s’il faut en trouver un, reste le coût de la vie. Oui, la Suisse est chère, mais elle offre aussi une qualité et une sérénité incomparables.
Mes coups de cœur en Suisse

👉 La Maison du Gruyère
Située dans la région du même nom, cette visite est un incontournable, surtout en famille. Le lieu est ludique, coloré, vivant. Les enfants ne s’ennuient pas une seconde grâce aux activités proposées, et chacun reçoit une petite tablette de dégustation à l’entrée. Une expérience gourmande et pédagogique qui vaut vraiment le détour.

👉 Le Musée Lindt
D’accord, je plaide coupable : je suis gourmande 😅. Mais croyez-moi, même sans cela, ce musée mérite le détour. Très complet, il retrace l’histoire du chocolat, de sa plantation à sa fabrication, en Suisse comme dans le monde. Le tout dans un cadre moderne et élégant.
Le clou de la visite ? Trois fontaines de chocolat (blanc, au lait et noir), en libre dégustation… je vous laisse imaginer ma réaction devant la fontaine de chocolat blanc 🤭. S’ajoutent ensuite une dégustation variée, une dizaine de fameux Lindt d’or offerts, et même un chocolat supplémentaire à la sortie. Autant dire qu’on ressort le sourire aux lèvres (et les poches bien remplies).

👉 Les cascades de Reichenbach
Les amateurs de Sherlock Holmes connaissent bien cet endroit : c’est ici que le célèbre détective aurait trouvé la mort lors de son duel avec Moriarty. Étant moi-même une petite fan, je n’ai pas résisté au plaisir d’aller admirer ce lieu mythique.
Une expérience positive

Au-delà des visites, ce qui m’a frappée en Suisse, c’est le respect des règles. On dit souvent que c’est un pays strict, et c’est vrai. Mais les règles sont claires, tout est pensé pour rendre la vie agréable à tous. Nous avons même eu affaire à la police, et l’accueil a été très sympathique. Pour moi, c’est normal : quand tout est mis en place pour que ça se passe bien, la moindre des choses est de respecter les règles.

En résumé, je ne garde que de beaux souvenirs de ce voyage. La Suisse est un pays que je revisiterai volontiers, et que je recommande à tous ceux qui aiment les paysages grandioses, la sérénité et… le chocolat 😉.


















dimanche 20 juillet 2025

Départ en vacances 2025


Sur la route… enfin !

Demain, c’est le grand départ.
Un mois d’évasion, d’imprévus, de paysages changeants, d’aventures en camping-car. Le genre de parenthèse qu’on attend toute l’année. Cette fois, cap sur l’Italie ( Encore ? Oui j'aime l'Italie !), la Suisse et l’Allemagne. Trois pays, des kilomètres de découvertes, et surtout… du temps.

12 jours à partager avec les enfants, à vivre à leur rythme, à s’émerveiller ensemble. Puis 17 jours rien qu’à deux. Pour se retrouver, respirer, savourer. Une pause bien méritée.

Je partagerai ici mes impressions, les lieux que j’aurai aimés… ou pas (promis, je ne me priverai pas de râler un peu si besoin 😄). Les paysages, les petits bonheurs, les imprévus du voyage, les moments drôles, les galères qui feront de bons souvenirs plus tard…

Bref, un carnet de bord sans filtre.
À demain, sur les routes…




mercredi 16 juillet 2025

Les gens ne se comprennent plus


On se parle tous les jours.
Par message, par vocal, par mail, par bribes entre deux portes.
Mais… est-ce qu’on se comprend encore vraiment ?

On croit s’expliquer, on croit être clair.
Mais il y a ce ton mal interprété, ce mot de trop, ce silence qui blesse.
Et puis l’autre répond avec ses propres blessures, ses filtres, ses doutes.
Alors on s’éloigne.
À petits pas. Sans même s’en rendre compte.

Un malentendu.
Un non-dit.
Une phrase mal placée.
Et parfois, c’est toute une relation qui s’effondre.

On vit dans un monde où tout va vite.
Où on pense à répondre plutôt qu’à comprendre.
Où on suppose. On projette. On interprète.
Mais on n’écoute plus. Vraiment.

On oublie que les mots sont fragiles.
Que chacun porte son propre dictionnaire intérieur.
Que ce que je dis ne veut pas toujours dire ce que tu entends.
Et que ce que tu ressens ne veut pas forcément dire que j’ai voulu te blesser.

On manque de patience.
De douceur.
De silence pour laisser la place à l’autre.

Et pourtant… tout pourrait être plus simple.
Une phrase sincère. Une question posée calmement.
Un “Je ne t’ai pas compris, tu peux m’expliquer ?”
Un “Je t’écoute. Vraiment.”
Juste ça.

Parce que la communication, ce n’est pas avoir raison.
C’est vouloir rester en lien, même quand c’est inconfortable.
C’est faire le choix de la relation plutôt que celui de l’orgueil.

Alors peut-être qu’il faudrait réapprendre à parler.
Et surtout… réapprendre à se comprendre.






dimanche 13 juillet 2025

Et si on écoutait vraiment?

Il y a des silences plus bruyants que mille discours.
Et des paroles balancées à toute vitesse qui ne veulent plus rien dire.

Aujourd’hui, tout le monde parle. Fort. Vite. Trop.
On donne son avis avant même qu’on l’ait demandé.
On coupe la parole. On répond avant d’avoir entendu.
On parle pour réagir, pas pour comprendre.
Comme si écouter, vraiment écouter, était devenu une faiblesse.

Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fatigue.

Je rêve d’un monde où on laisse finir une phrase sans soupirer.
Où on ne détourne pas le regard quand quelqu’un parle avec le cœur.
Je rêve d’un monde où les enfants apprennent autant à écouter qu’à s’exprimer.
Où on ne confond pas "avoir raison" et "écraser l’autre".

L’écoute, la vraie, c’est un art.
C’est se taire sans s’effacer.
C’est ouvrir son cœur sans se perdre.
C’est offrir une présence, pas une solution.
Et parfois, c’est juste ça qu’on attend : quelqu’un qui reste là, vraiment là, sans jugement ni distraction.

Parce qu’au fond, on a tous ce besoin-là : être entendu. Vraiment.
Pas validé, pas corrigé. Juste accueilli dans ce qu’on vit.

Alors peut-être qu’il faudrait réapprendre.
Réapprendre à se taire un peu plus souvent.
À poser des questions sans avoir peur des réponses.
À regarder dans les yeux. À laisser un silence s’installer sans vouloir le remplir.

Parce que dans ce silence-là, parfois… il y a tout.
Et c’est là que commence l’humanité.

dimanche 6 juillet 2025

Noé

Elle avait fui à l’aube, portée par un train aussi lent que ses pensées. Derrière la vitre, les paysages se succédaient sans accrocher son regard. Tout semblait flou, même les heures.
Dans sa valise, presque rien : quelques vêtements froissés, un carnet noir qu’elle n’ouvrait plus, et une photo oubliée entre deux pages — comme on glisse une écharde dans un livre pour ne pas la sentir.

Elle était venue là où le monde semblait s’arrêter.
Un village posé au bord de la mer, minuscule et silencieux, figé comme une carte postale oubliée. L’air y sentait le varech, les embruns, et cette odeur d’humidité douce qui colle à la peau et aux souvenirs.

Elle avait loué un studio à flanc de falaise. Pas pour la vue, non. Pour le vent. Ce vent qui passait sous les portes, entre les murs, comme s’il voulait la traverser toute entière.

Le matin, elle partait à pied, sans but.
Ses pas s’enfonçaient dans le sable encore humide. Elle aimait cette sensation : le sol qui cède un peu, comme un monde qui accepte enfin de fléchir.
Autour d’elle, rien que la mer, immense et vivante. Elle la regardait longtemps, jusqu’à sentir le sel sur ses lèvres, jusqu’à ce que ses yeux piquent — était-ce le vent, ou autre chose ?

Parfois elle ramassait un coquillage, le gardait dans la paume comme un secret, puis le lançait au loin.
Parfois, elle parlait tout bas. Pas à quelqu’un. Pas encore.
Mais la mer, elle, ne jugeait rien. Elle savait garder les silences.

Les jours passaient, indistincts. Elle ne les comptait pas. Elle se contentait de marcher. De respirer. De survivre, peut-être.

Un matin, pourtant, quelque chose changea.
Ce fut presque rien. Un craquement dans le silence. Une présence.
Elle s’était arrêtée au bout de la jetée, les mains dans les poches, le front contre le vent. Et quand elle se retourna, il était là.

Un homme, la cinquantaine peut-être. Grand, un bonnet sur les oreilles, une barbe poivre et sel mal taillée. Il ne dit rien, ne sourit pas. Il la salua d’un simple signe de tête, sans insister, puis s’assit un peu plus loin, sur un banc de pierre, les yeux fixés sur l’horizon.

Elle aurait pu partir.
Mais elle resta.

Le lendemain, il était là encore. Même endroit, même heure.
Et les jours suivants aussi.

Ils ne se parlaient pas. Pas encore. Mais quelque chose se tissait.
Un fil fragile, invisible, tendu entre deux solitudes.

Elle apprit à reconnaître sa silhouette de loin. À deviner, à sa posture, s’il avait bien dormi. À entendre, dans le froissement de son blouson, une forme de constance rassurante.
Il lui rappelait les vieux pins battus par le vent : un peu cabossé, mais debout.

Ce fut lui qui, un jour, brisa le silence.

— Elle est changeante, la mer, dit-il en regardant les vagues. Mais elle rend tout ce qu’on lui confie.

Elle ne répondit pas. Pas tout de suite.
Puis elle dit, très bas :

— Pas toujours.

Les jours suivants, ils échangèrent à peine plus. Un mot, parfois deux. Mais leurs silences étaient pleins. Pleins de respect, d’échos, d’une forme de reconnaissance muette.

Elle ne savait rien de lui. Pas son nom. Pas ce qu’il faisait là.
Mais elle savait la façon qu’il avait de regarder l’eau comme on écoute une prière.
Et il semblait comprendre, sans poser de questions, qu’elle n’était pas prête.

Un matin, elle arriva avant lui. Le vent était plus fort que d’habitude, chargé d’embruns et d’une odeur de goémon. Elle s’assit sur le banc de pierre, ferma les yeux.
Elle ne pleurait plus depuis longtemps. Même cela lui avait été arraché. Mais ce jour-là, elle sentit une larme unique couler le long de sa joue. Une larme salée, indiscernable de l’air marin. Elle ne l’essuya pas.

Il arriva plus tard, s’assit doucement à côté d’elle, à une distance juste.
Et sans tourner la tête, il dit :

— Il y a un petit cimetière, en haut de la falaise. Très ancien.
Le vent y chante différemment.

Elle tourna lentement les yeux vers lui.

— Pourquoi me dire ça ?

Il haussa à peine les épaules.
— Parce que moi aussi, je viens ici pour ce que la mer n’a pas pu emporter.

Un silence plus profond s’installa. Il ne l’écrasa pas. Il les enveloppa.

Elle murmura :

— Il s’appelait Noé.

Puis, plus bas, comme si le vent n’avait pas le droit de l’entendre :

— Il avait six ans.

Elle n’attendait pas de réponse. Pas de consolation. Juste le droit de dire son prénom à voix haute, là, au bord du monde, sans que cela casse l’air en deux.

L’homme ne bougea pas. Il laissa la mer répondre, à sa manière : une vague plus forte, une rafale, le cri rauque d’un goéland.

Puis il glissa la main dans sa poche, en sortit un galet lisse, blanc, légèrement veiné de bleu. Il le posa sur le banc, entre eux.

— J’en ramasse un à chaque passage ici, dit-il. Je les garde chez moi.
Un pour chaque jour où je choisis de rester debout.
Celui-là, il est pour vous. Si vous voulez.

Elle le prit sans un mot, le serra dans sa paume. Il était tiède, comme s’il avait gardé la chaleur de sa poche, de sa présence.

Le soir-même, de retour dans son studio, elle posa le galet sur la table. Elle le regarda longtemps. Puis elle alla chercher son carnet noir, resté fermé depuis des semaines. Elle l’ouvrit.
La première page était vierge. Elle y écrivit :

“Je suis encore là.
Et toi aussi, quelque part.
Alors je vais essayer.”

Elle reposa le stylo. Ferma les yeux. Écouta la mer cogner doucement contre la falaise, comme un cœur obstiné.

Ce n’était pas une victoire. Ni une fin.
Mais c’était un début.


Elle n’était pas repartie tout de suite.

Elle avait prolongé son séjour de quelques jours. Pas pour fuir encore, mais pour apprivoiser ce qu’elle ressentait. Il y avait toujours ce vide, là, niché sous la cage thoracique. Mais elle ne le combattait plus. Elle le regardait comme on regarde une vieille cicatrice : avec douceur, avec respect.

Elle marchait toujours le matin. Mais ses pas étaient moins erratiques. Elle levait parfois les yeux vers le ciel. Elle sentait à nouveau le goût du café sur sa langue. Elle écrivait. Peu, mais avec sincérité.

Elle retourna sur la jetée, là où il l’avait attendue. Il n’y était pas ce jour-là. Ni le lendemain.
Mais ce n’était pas grave. Il lui avait laissé ce qu’il fallait. La preuve qu’il était possible d’avancer sans renier ce qui a été perdu.

Avant de partir, elle remonta sur la falaise. Le petit cimetière était là, caché derrière un muret de pierres. Le vent y chantait comme il l’avait dit, avec une voix ancienne, pleine d’embruns et de souvenirs.

Elle s’accroupit près d’une tombe sans nom, et, lentement, sortit le galet de sa poche.

Elle le posa contre la pierre, puis murmura :

— Pour toi, Noé. Pour chaque jour où je tiendrai debout.

Puis elle se releva. Elle n’effaça pas ses larmes.
Elle les laissa couler, salées, douces, humaines.

En redescendant le sentier, elle inspira profondément. Le vent lui gifla le visage.
Et, pour la première fois depuis longtemps, elle sourit.



mardi 1 juillet 2025

Les silences d’Adrien



Les hommes victimes de violences conjugales existent. Et qu’ils ont, eux aussi, le droit d’être crus.


Le bruit du portail automatique couvre à peine le claquement sec de la porte d’entrée. Adrien garde les yeux rivés sur son volant. Moteur encore allumé. Doigts crispés. Il pourrait sortir, marcher vers la maison comme n’importe quel homme qui rentre du travail. Mais il sait que ce soir encore, la poignée sera plus lourde qu’à l’accoutumée. Que derrière les volets beiges et les géraniums suspendus, c’est une guerre sans cri qui l’attend.

Les voisins le saluent parfois. "Toujours aussi discret, Adrien." Il sourit. Gentiment. Comme on cache une ecchymose sous une manche repassée.

Ce soir, il reste dans la voiture, moteur coupé, clés serrées dans la main. Il écoute le silence, ou plutôt le bourdonnement dans ses tempes. Dans trois minutes, Léa ouvrira le rideau du salon. Si elle le voit, elle sortira. Et là, ça dépendra de son humeur. Peut-être un reproche froid, ou bien un sourire trop grand, celui qui précède l’explosion. Adrien ne sait jamais.

Le lotissement est calme, propre, presque parfait. Mais lui vit dans l’imperfection de chaque seconde.

Il se décide. Monte les marches. Respire. Une, deux… cinq secondes pour se composer un visage. Il entre.

Léa est dans la cuisine. Pas un mot. Il devine, à la tension de sa nuque, que quelque chose cloche. Il cherche dans sa mémoire : a-t-il oublié le pain ? A-t-il dit quelque chose ce matin ? Un mot de travers ? Un regard ?

La gifle arrive sans prévenir.

Pas forte. Pas violente. Pas cette fois. Juste… humiliante. Adrien baisse les yeux. Il ne bouge pas.

Il a appris à ne pas répondre. À se fondre. À disparaître. Même de lui-même.

Il s’assoit à table. Les pâtes sont froides. Léa ne parle pas. Elle mâche, les yeux fixés sur lui. Il sait qu’il doit dire quelque chose. Mais quoi ? “Merci” ? “Pardon” ? Pour quelle faute, ce soir ?

Alors il tente :
— Tu veux que je réchauffe ?

Elle le regarde. L’air de rien. Puis renverse son verre d’eau.
— Non. Mange froid, ça t'apprendra d'arriver en retard !.

Elle se lève. Quitte la pièce. Adrien reste seul. Il se lève à son tour, prend une serviette, nettoie la table. Le silence pèse. Il lui écrase la poitrine plus que n’importe quel cri.

Dans le couloir, la lumière vacille. Une ampoule fatiguée. Comme lui. Il passe devant le miroir. Son reflet a quelque chose de flou, comme s’il s’effaçait à force de ne plus exister.

Une fois dans la salle de bain, il verrouille. C’est le seul endroit où il peut. Il s’assied sur le rebord de la baignoire, soulève lentement la manche gauche de sa chemise. L’hématome de la veille est toujours là, jaune sale, avec des éclats violacés. Elle l’a poussé contre l’armoire. “Tu me mens.” Il ne savait même pas pourquoi.

Il pourrait parler. Mais à qui ?
Un homme qui dit “Elle me frappe”… Qui le croirait ? Un mètre quatre-vingt, des épaules larges, pas une once d’agressivité. Juste de la peur.

La dernière fois qu’il a tenté de se confier à un collègue, il a vu le regard glisser, fuyant, gêné. Comme si ça ne se disait pas.

Alors il se tait.

Il dort sur le canapé cette nuit-là. Léa a claqué la porte de leur chambre. Adrien s’enroule dans le vieux plaid, sent le tissu râpeux sur son cou. Il s’endort en priant qu’elle dorme avant lui.

Mais à 3h12, il est réveillé en sursaut. Une ombre. Une main qui l’attrape.

— Tu crois que je sais pas que tu fais semblant d’être fatigué pour pas me toucher !

Il tente de parler. De calmer. Elle le gifle à nouveau. Cette fois, plus fort. L'insulte. Puis elle s’effondre en larmes. S’excuse. Lui demande pardon en s’accrochant à son tee-shirt comme une enfant.

Et lui… la prend dans ses bras. Parce que c’est plus simple. Parce qu’il a appris à s’effacer. Même là.



Mais dans ses yeux, ce soir-là, un fil s’est rompu.

Le lendemain, il se lève avant elle. Il fait encore nuit dehors. Le ciel est couleur d’encre. Il enfile sa veste doucement, attrape ses clés sans un bruit. Il ne prend rien d’autre. Ni valise, ni téléphone. Juste lui. Ce qu’il en reste.

Sur le seuil, il se retourne une dernière fois. Tout est à sa place : les cadres au mur, le tapis bien centré, les chaussons qu’elle aligne chaque soir. Tout semble parfait.

Sauf lui.

Il ferme doucement la porte. Et cette fois, il ne s’excuse pas.

Il marche jusqu’à la gendarmerie. Il pousse la porte d’un pas hésitant. Il a peur d’avoir honte, encore. Mais l’agent en face de lui ne sourit pas. Il écoute. Il note. Il demande s’il a besoin d’un certificat médical.

Adrien hoche la tête. Il dit oui.

Puis les mots viennent. D’abord timides. Puis plus nets. Plus précis. Il dit les coups, les insultes, les nuits sans sommeil, les excuses, la terreur. Il dit la honte d’avoir eu honte. Il dit qu’il veut partir. Il dit qu’il veut vivre.

On lui propose un centre. Un avocat. Du soutien.

En sortant, le jour se lève. Et c’est la première fois depuis longtemps que le froid sur sa peau ne ressemble pas à de la peur.

Il ne sait pas ce qu’il fera demain. Mais ce matin, il a choisi d’exister.

Et ça, c’est déjà immense.


Tya M.




vendredi 27 juin 2025

🦎 TIKI, un petit roi sur quatre pattes



Il ne mesure que quelques centimètres.

Et pourtant, il porte en lui des années de désir silencieux, de passion discrète, de patience.
Tiki, notre petit gecko léopard, n’est pas arrivé par hasard. Il est le fruit d’un rêve longtemps caressé par mon chéri — un rêve que nous avons fini par attraper ensemble, du bout des doigts, dans une animalerie baignée de chaleur et de murmures.

Depuis toujours, il est fasciné par ces petits êtres à sang froid, si expressifs malgré leur silence. Leur regard fixe, leurs couleurs éclatantes, leur lenteur attentive. Ce n’est pas une passion bruyante, mais elle est réelle, enracinée, presque enfantine. Et moi… je l’ai écoutée. J’ai vu dans ses yeux ce que peu perçoivent : la joie retenue, l’attente sage, l’amour vrai pour cette espèce que peu comprennent.

Alors, un jour, on a décidé de le choisir ensemble.
Parmi tous, c’est Tiki qui nous a fixés — ou peut-être était-ce l’inverse.
Sa robe flamboyante, sa démarche royale, son calme presque méditatif : il avait ce je-ne-sais-quoi qui ne laissait aucun doute. C’était lui.

Je ne pensais pas qu’un lézard pouvait m’attendrir autant.
Tiki ne miaule pas, ne jappe pas, ne ronronne pas. Il est là. Il existe, calmement. Il nous oblige à ralentir, à observer à notre tour. Il nous offre une autre façon de regarder le monde, à hauteur de patte.

Depuis, il fait partie de notre quotidien. Il grimpe sur les bras, observe avec ses grands yeux de nacre, se fige comme une statuette puis bondit sans prévenir. Il est curieux, doux, jamais pressé. On pourrait croire qu’il ne fait rien… mais il apaise. Il relie. Il veille.

Tiki, c’est bien plus qu’un lézard.
C’est un fragment de rêve devenu vivant.
Un symbole de notre complicité, de ce lien invisible qui nous pousse à réaliser ensemble les choses importantes, même les plus petites.

Et chaque soir, en le regardant s’installer sous sa cachette ou grimper lentement sur nos mains, je me dis que parfois, le bonheur tient dans peu de choses : un regard échangé, une promesse tenue, et un petit roi tacheté nommé Tiki.





jeudi 26 juin 2025

Alice Beaufor : Enquête sous tension

Je ne suis pas une fan de la promotion personnelle, je trouve ça un peu narcissique mais c'est un passage obligatoire apparemment lol. Donc voici la présentation faîte pour Alice Beaufor.








 

mercredi 25 juin 2025

🕊️ Le respect, une valeur en voie de disparition ?




Il y a des jours où l’on se demande ce qu’il reste de l’humanité. Ce fil invisible qui relie les êtres entre eux, fait de bienveillance, d’attention, de simples gestes qui coûtent si peu… mais qui changent tout.

Je suis restée sidérée, ces derniers jours.
Lors du spectacle de fin d’année, sous un soleil de plomb, une mamie attendait debout, en plein cagnard, pendant que des jeunes, confortablement installés sur des bancs à l’ombre, la laissaient là. Personne ne s’est levé. Pas un regard. Pas un geste.

Et ce n’est pas un cas isolé.
Lors d’une commémoration, j’ai vu une femme lâcher la lourde porte de l’église sur deux mamies en déambulateur. Elle est partie, l’air de rien. Aucun remords. Aucun retour en arrière. Comme si elles n’existaient pas.

Je suis choquée. Bouleversée, même.

On parle de valeurs, on parle de solidarité, mais dans les actes du quotidien, que reste-t-il vraiment ?
Les enfants n’ont plus de respect pour leurs parents. Les adultes ne se respectent plus entre eux. Tout le monde parle, personne n’écoute. On se coupe la parole, on se bouscule, on oublie les “bonjour”, les “merci”, les “pardon”.
Et souvent, ceux qui crient au manque de respect… sont les premiers à pousser, à râler, à passer devant tout le monde avec leur poussette double en vous roulant sur les orteils.
Et je ne parle même pas de ceux qui laissent leurs enfants parler mal à tout le monde sans jamais les recadrer.

Il faut le dire clairement : le respect s’apprend.
Et il s’enseigne, surtout, par l’exemple.

Alors peut-être qu’il est temps de rappeler à certains parents que leur rôle ne s’arrête pas à nourrir et habiller. Il est aussi d’éduquer. D’apprendre la politesse, la patience, l’écoute, la gentillesse.
Et si eux-mêmes n’ont pas ces codes… alors peut-être qu’il faut les réapprendre, tout simplement.

Parce que sans respect, il ne reste que l’égoïsme.
Et l’égoïsme, à long terme, ça détruit tout.


Tya M.



lundi 23 juin 2025

Un peu de retard...désolée



Un petit mot pour vous dire… pardon (et merci 💛)

Je sais, je me suis faite discrète ces derniers jours… Pas d’article, pas de micro-fiction, pas de petites pensées du jour. Mais voilà, le mois de juin, c’est toujours un marathon !

Entre le boulot, les spectacles de fin d’année à l’école, les compétitions des activités extra-scolaires, la préparation des vacances (eh oui, départ en camping-car dans moins de 4 semaines 😍), et… l’écriture de mon dernier manuscrit que je viens tout juste de boucler 🎉… je n’ai littéralement pas eu une minute à moi.

Mais promis, je me rattrape.
Des textes arrivent. Des émotions, des mots, des histoires… Et toujours cette envie de partager un petit bout de vie avec vous.

Merci pour votre patience. Merci d’être là.
On se retrouve très vite ❤️




mercredi 18 juin 2025

Extrait Alice Beaufor : Enquête sous tension



Debout sur le trottoir animé, Alice leva les yeux vers l’imposant immeuble qui s’élevait majestueusement devant elle. Les 52 étages du New York Times Building semblaient effleurer le ciel et, sous les rayons du soleil matinal, ses façades vitrées reflétaient une lumière éblouissante. Elle sentit son cœur battre plus fort, empli d’une exaltation nouvelle.

Ce bâtiment, conçu par l’architecte italien Renzo Piano, allait devenir son nouveau lieu de travail. Elle admira la simplicité élégante de sa forme, qui s’intégrait parfaitement dans le damier des rues de Manhattan.

Autour d’elle, le trottoir grouillait de New-Yorkais pressés, chacun vaquant à ses occupations dans le rythme effréné de la ville. Alice prit une profonde inspiration, savourant ce moment où sa carrière aller prendre son envol. Elle s’avança vers les portes en verre, prête à entamer cette nouvelle aventure au cœur de l’un des journaux les plus prestigieux du monde.

Arrivée un peu en avance, la jeune femme traversa le hall d’entrée impressionnant du célèbre journal, encore endormi à cette heure matinale. Ses pas résonnaient doucement sur le sol poli, tandis que la lumière du matin filtrait à travers les grandes baies vitrées, créant des jeux d’ombre et de lumière sur les murs épurés.

En avançant, elle fut saisie par la vue de l’atrium spectaculaire qui s’ouvrait devant elle. Au centre, un carré de verdure inattendu attira son regard : des bouleaux élancés s’élevaient gracieusement, leurs feuilles frémissants légèrement sous la brise artificielle. La clarté naturelle, cascadant depuis le puits de lumière au-dessus, baignait l’espace d’une lueur douce et apaisante. Cet îlot de nature au cœur du bâtiment semblait symboliser la croissance et le renouveau constants du journalisme.

Elle leva les yeux vers le plafond haut, admirant l’architecture moderne et élégante qui l’entourait. Son attention fut attirée par l’installation artistique « Moveable Type », ses écrans clignotant doucement avec des fragments de textes, comme pour lui rappeler l’héritage journalistique dans lequel elle s’apprêtait à s’inscrire.

Une certaine nervosité se lisait sur son visage, ses doigts tripotant inconsciemment la lanière de son sac. Mais cette anxiété était largement éclipsée par l’excitation qui faisait briller ses yeux. Elle était surtout impatiente à l’idée de débuter sa nouvelle carrière, prête à plonger dans le monde palpitant de l’actualité et des enquêtes New-Yorkaises. Alors qu’elle s’approchait des ascenseurs, Alice inspira profondément, savourant ce moment. Le parfum subtil de l’encre et du papier flottait dans l’air, évoquant l’essence même de la presse.

“ Ça y est j’y suis ! C’est ici que tout commence,” pensa-t-elle.
  

https://euthena.com/fr_FR/nos_projets/alice-beaufor-enquete-sous-tension-tya-m-68401a7a00939


dimanche 15 juin 2025

💙 Être Papa… ce rôle qu’on oublie parfois de célébrer



On parle souvent des mamans.

Et c’est vrai… elle nous porte neuf mois dans le ventre. Mais les papas ?
Ceux qui nous portent autrement.
Qui nous élèvent — au sens propre comme au figuré.
Qui deviennent soudain des experts en couches, en biberons tièdes, en petites voitures et en stratégies anti-cauchemar.

Être papa, c’est tout un rôle.
C’est celui qu’on imagine fort, rassurant, un brin grognon parfois, mais toujours là.
C’est celui qu’on appelle quand il faut monter un meuble IKEA ou réparer un cœur brisé.
C’est celui qui, officiellement, pose les limites.
Et qui, officieusement… cède aux petits yeux mouillés de sa progéniture avec un soupir résigné et un sourire attendri.
(“Mais c’est bien la dernière fois, hein !”)

On attend de lui qu’il soit le pilier, le roc.
Mais sous la carapace, il y a souvent une tendresse immense.
Un regard qui s’illumine devant un dessin griffonné.
Un cœur qui s’emballe à la première dent qui tombe.
Et des épaules qui portent bien plus que des sacs de courses.

Être papa, c’est aussi apprendre sur le tas.
Faire semblant de tout savoir, tout en improvisant à chaque étape.
C’est dire “tu peux le faire” quand soi-même on doute un peu.
C’est aimer sans condition, même quand on est fatigué, même quand on ne sait pas comment faire.

Alors aujourd’hui, je voulais leur dire merci.
À ces hommes qui ne portent pas les enfants dans leur ventre, mais les portent dans leurs bras, sur leurs épaules, et souvent sur leur cœur.
À ceux qui apprennent à être pères, chaque jour, avec maladresse parfois, mais avec amour, toujours.

💙 Bonne fête à tous les papas. Les présents, les absents, les imparfaits, les merveilleux.
Les héros du quotidien.
Les papas tout simplement.

Et un petit clin d’oeil à mon homme qui est un papa merveilleux.

 

Tya M.







vendredi 13 juin 2025

Je t’ai aimé jusqu’à l’épuisement



Elle avait cessé de dormir depuis des mois.
Pas parce qu’elle veillait. Veiller ne servait plus à rien.
Mais à cause des silences étirés entre deux sursauts, entre deux cauchemars éveillés.

Dans la chambre d’en face, il y avait ce corps amaigri, recroquevillé sous une couverture qu’il n’avait pas pris la peine de déplier. Il ne parlait plus. Ne mangeait presque plus. Il survivait — à quoi, elle n’en savait rien. À lui-même peut-être.

À vingt-cinq ans, il n’était déjà plus que l’ombre du garçon qu’elle avait bercé. Autrefois, il riait fort, dévorait la vie avec une gourmandise d’enfant. Aujourd’hui, il fuyait les regards, parlait par monosyllabes, disparaissait pendant des jours. Il rentrait plus amaigri. Les pupilles dilatées. Un peu cassé, un peu plus loin encore.

Elle, elle faisait tout comme si tout allait bien. Encore. Par réflexe. Par instinct. Par amour, bien sûr. Mais aussi par peur. Peur de lâcher. Peur de regretter. Peur de vivre avec l’idée qu’elle n’aurait pas été là… cette fois-là.

Elle mettait une assiette chaude devant la porte. Changeait les draps. Glissait parfois un mot griffonné à la va-vite : Je suis là.
Et elle guettait. Des heures durant. Le bruit d’un pas. D’une cuillère contre une assiette. Le signe que son fils existait encore derrière cette foutue porte close.

Elle lui parlait parfois. À travers le bois.
Des mots doux. D’autres plus durs.
Et souvent ce cri qu’elle étouffait : Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi elle n’avait rien vu venir ?

Elle se refaisait le film. Encore.
Le petit garçon qui riait pour un rien. Le regard vif, les bras autour de son cou.
Et elle, trop fatiguée parfois pour vraiment l’écouter.
Trop occupée à survivre elle aussi.
Cette attente la rongeait de l’intérieur, comme un poison lent.

Elle se demandait : Où est-ce que j’ai raté quelque chose ?
Est-ce que j’ai été trop dure ? Trop absente ? Trop naïve ?
Elle se demandait s’il y avait eu un moment précis, une faille invisible, un instant charnière où tout avait basculé sans qu’elle s’en rende compte.

Il n’avait jamais crié. Jamais levé la main. Il n’était pas violent.
Non. Il s’éteignait doucement.
Et c’était pire. La drogue l’avait volé en silence.
Elle lui avait arraché le rire, les projets, les révoltes. Tout ce qui faisait de lui un être vivant.
Et elle, elle s’épuisait à vouloir ramener à la vie un garçon qui avait déjà fait ses adieux.

Parce que la drogue ne le tuait pas en un jour.
Elle le rongeait, lentement.

Il avait dit une fois :
« T’inquiète pas, maman. C’est pas si grave. Je gère. » Le mensonge comme ligne de défense. Elle aurait préféré une gifle.
Parce qu’elle, elle ne gérait plus rien.
Elle mentait à son entourage. À ses amis. À elle-même.
Elle passait ses nuits à chercher des centres, des articles, des miracles, à prier. Elle portait à bout de bras un combat qu’il refusait de voir.

Mais on ne sauve pas quelqu’un qui ne veut pas être sauvé.
Et à force de se battre seule, elle s’était brisée un peu plus chaque jour.

Elle avait tenté, tout essayé. De le secouer. De le rassurer. De l’aimer plus fort, encore. De le faire rire. De menacer. De l'envoyer en cure. Supplier. Espérer. Elle avait tout donné. Trop, peut-être.

Et puis il y avait eu cette nuit. Celle où il n’avait pas rentré. Celle où le téléphone avait sonné à 2h47. Les urgences. Encore. Une overdose évitée de peu. Une chance, disaient-ils. Une de plus. Celle de trop pour elle.

Alors elle l’avait ramené à la maison. Elle avait posé une assiette devant lui, une couverture sur ses épaules, un mot doux sur sa table de nuit.

Alors le lendemain, elle s’est levée.
Elle a préparé un café. Deux sucres, comme il aimait.
Elle a glissé un mot sous la tasse.

Je t’ai aimé pour deux. Combattu pour deux. Culpabilisé pour mille.
Mais je ne peux pas continuer seule.
Quand tu décideras de te battre, je serai là.
Mais plus comme ça. Pas dans ce silence. Pas dans ce néant.
Je t’aime mon fils. Ne l'oublie jamais.


Puis elle a pris ses clés, son manteau, et elle est sortie.
Juste une heure. Juste pour respirer.
Pour ne pas mourir à sa place.

Quand elle est revenue, la tasse était froide. Le mot intact.
Et lui, envolé.

Avec sa poudre.
Avec son vide.

Et elle… elle est restée là droite et dévastée. Le cœur en morceaux. Le ventre retourné.
Le regard perdu sur cette foutue tasse.

Parce que dans cette guerre-là, il n’y a pas de vainqueur.
Juste des mères qui saignent en silence.
Et des enfants qui tombent sans bruit.
 
 
Tya M.